En avant – I’m your father

Reste-il encore un peu de magie dans le monde de l’animation des studios Pixar phagocyté par le mastodonte Disney ? Comme une parabole de cette interrogation, En Avant réalisé par Dan Scanlon (Monstres Academy) est le 22e long-métrage d’animation en images de synthèse des studios Pixar, coproduit par Walt Disney Picture et distribué comme un film de second plan dans les salles françaises par The Walt Disney Company.

1103209.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

En Avant raconte l’histoire de Ian et Barley Lightfoot, deux frères elfes qui ont perdu leur père très tôt durant leur enfance. Ils habitent une ville de banlieue peuplée de créatures fantastiques qui se compose d’elfes, de trolls, de lutins, de fées ou encore de licornes, mais dont la magie ancestrale a peu à peu disparu au profit des innovations électriques, mécaniques… À la suite du cadeau d’anniversaire reçu pour ses seize ans, un bâton magique permettant de faire revenir son père, Ian se lance dans une odyssée en compagnie de son grand frère dans l’espoir de passer un dernier jour avec leur père.

En ayant perdu cette figure tutélaire dès leur plus jeune âge, Ian et Barley ont développé des personnalités débiles et torturées. Ian manque de confiance en lui pour n’importe quelle tâche quotidienne qui devient une épreuve à surpasse comme apprendre à conduire ou simplement inviter des camarades de classe pour une fête d’anniversaire, lui qui n’a pas d’amis et qui est incapable de s’imposer. Son frère, Barley, personnage beaucoup plus coloré mais pas moins seul, s’est réfugié dans la magie des mondes passés, celle des jeux de rôles et des aventures mythologiques. Souvent ramené à son condition de jeune adulte ridicule et de loser refoulé, Barnley décide de lancer son jeune frère dans la machine infernale de sa camionnette Guinevere sur laquelle est graffée la figure mythologique du cheval Pégase (qui est aussi celle du département de la Mayenne hehe – pardon).

ONWARD

Après une première demi-heure assez longue, plutôt programmatique et inaboutie, tant en terme humoristique que de graphismes grossiers des personnages, peu à peu, l’univers se met en place et les intentions des personnages sont aussi clairs que des vitres de baies vitrées en période de confinement dans une maison de femme de ménage. Mais, de ce récit programmé tout droit sorti d’un bouquin de Truby avec chaque case bien cochée, l’histoire gagne en consistance en réussissant pleinement à emporter son spectateur dans cette quête finalement peu originale. Dès lors, une question se pose : qu’est-ce qui donne donc une touche émotionnelle forte à cette histoire ? La sincérité. En Avant est l’illustration même du résultat de la citation de Voltaire : « En politique, il vaut mieux avoir tort avec ses amis que raison avec ses adversaires » que je paraphrase en détournant celle de Raymond Aron en disant qu’il est plus facile d’avoir tord avec l’élégance de Sartre qu’avec la simplicité et l’honnêteté de Camus. Ici, Camus a gagné !  Les artifices du beau attendu à chaque sortie d’un Pixar sont décevants, le scénario programmatique manque clairement d’originalité mais En Avant se saisit des yeux larmoyants de ses spectateurs en faisant de l’échec un accomplissement. En son cœur et vers la fin, le film surprend en changeant la perception de son spectateur sur les enjeux véritables de ce dernier, en posant la question de la figure paternelle. « Je suis ton père. » Cette phrase si précise et inconditionnelle de l’histoire du cinéma est ici remise en question par la figure fraternelle (le grand frère Barnley) qui a incarné durant des années entières celle de la figure paternelle.  Pour terminer sur une bonne note à l’image de ce film et de sa scène finale bouleversante, force est de constater également, que l’un des scènes les plus truculentes restera celle d’un sacrifice déchirant de la camionnette Guinevere dans une envolée magistrale.

null

Quelques sources supplémentaires : 

Podcast : Pardon le cinéma – épisode 4 / Troisième rang – épisode 45 

Youtube : L’échec comme vecteur de réussite (Pourquoi c’est bien ? #1 – EN AVANT)

BlogueursVampiloufaitsoncinmaSurnosécransLecinemaavecungrandakomorebimangaGusandcoCinemathequedeclelia

Critique : Eric Pokespagne – Great expectations

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.